Le Friponil rejoint la liste de pesticides interdits pour une durée de deux ans dans la communauté européenne. On ne peut à priori que se réjouir d’une telle décision. Malheureusement, c’est encore une fois une fausse victoire qui va sans doute nous coûter cher en désillusions…

Le 16 juillet dernier, les représentants des Etats membres de l’union ont soutenu la proposition de la Commission européenne de restreindre l’usage du fipronil, matière active du pesticide Régent de BASF. Il vient donc rejoindre la « liste noire » des pesticides déjà interdits en avril dernier (voir ici).

Interdire un produit… Déjà interdit!

Cela passe presque pour une révolution, mais il n’en est rien. Depuis 2004 ce pesticide est déjà interdit en France sur le maïs et le tournesol, justement par rapport aux risques sur les abeilles. Il est en fait déjà interdit dans plus des deux tiers des pays de l’union. Il n’est en fait plus utilisé que sur le maïs en Espagne, en Hongrie, en République Tchèque, en Slovaquie ou en Bulgarie ; et en Belgique,  Roumanie et Pays-Bas pour d’autres cultures.

Interdit… à moitié

A partir du 31 décembre 2013, ce produit sera donc interdit, mais sur le maïs et tournesol uniquement, l’EFSA (European Food Safety Authority) pointant un « risque aigu élevé » pour les abeilles exposées.

Concernant les légumes, pas d’interdiction du tout, l’EFSA affirmant que le risque est « peu élevé en ce qui concerne les légumes pour lesquels l’utilisation du fipronil est autorisée, car les abeilles ne butinent pas leur pollen ou leur nectar ». Voilà qui est nouveau, les abeilles n’iraient que sur les grandes cultures, pas sur les légumes! On pourrait rire du ridicule de l’affirmation si le sujet n’était pas aussi grave. Le principe de précaution est évidement hors de propos, tant le poids des lobbys est plus fort que la question de la santé des européens.

Encore et toujours une décision sans effet!

Je ne vous referai pas la critique complète de cette décision, vous la trouverez ici. En résumé, en interdisant deux ans un pesticide qui est persistant durant au moins cinq ans dans les terres et donc dans les cultures qui poussent dessus, aucun résultat probant ne pourra voir le jour. Il est certain qu’après l’interdiction, devant les résultats nuls sur la santé des abeilles, les lobbys et l’union européenne en profiteront pour mettre hors de cause ces produits.

Sans compter que ces produits sont d’ors et déjà remplacés par d’autres, tout aussi néfastes pour les abeilles.

Ne nous leurrons pas, donc, et ne baissons pas la garde, car le plus dur reste à faire.