Après avoir disséminé leurs pesticides partout, après avoir implanté des OGM dans de nombreux pays, et par la même occasion fait chuter les populations d’abeilles presque partout dans le monde, MONSANTO nous livre la solution, qui ressemble malheureusement plutôt à un problème de plus pour l’apiculture : l’abeille génétiquement modifiée…

L’extinction de l’abeille, annoncée comme « inéluctable » par les communicants de chez Monsanto, pourrait être évitée grâce à un produit soit disant « miracle » développé par l’entreprise Beeologics, filiale israélienne du groupe américain. Selon eux, le Varroa serait le problème majeur des apiculteurs, occultant par la même occasion leur immense responsabilité dans ce dossier, qui n’est plus à pouver depuis longtemps (lire cette page pour les sceptiques).

Abeilles génétiquement modifiées

Avec ce produit nommé Remembee, Monsanto croit pouvoir lutter contre les virus transmis par le Varroa. Beeologics a ainsi mis au point un nouveau sirop qui contient des molécules d’ARN (une molécule très proche chimiquement de l’ADN, pouvant même interagir avec lui) protégeant les abeilles contre les virus transmis par le Varroa, en « empêchant » la fabrication des protéines sensibles au parasite. C’est en fait un moyen de modifier génétiquement l’abeille qui en consomme*.

Selon Beeologics, Remembee ne laisse aucune trace dans le miel produit par les abeilles traitées. Mais certains experts sont beaucoup moins confiant sur cette utilisation de l’ARN, car la molécule pourrait passer de l’organisme de l’insecte au miel que nous consommons. C’est ce qu’explique Christoph Then, expert en biotechnologie : « Les scientifiques sont obligés d’utiliser un type d’ARN très résistant pour pouvoir le travailler : l’ARN interférent. Or, celui-ci ne se dégrade pas dans l’organisme de l’hyménoptère » (source : francetv info)

Second problème : la génétique ainsi modifiée se transmettra-t-elle alors aux générations suivantes, via les fécondations dans la nature ? Les apiculteurs risqueraient dans ce cas de se retrouver, sans rien avoir demandé, avec des abeilles génétiquement modifiées? C’est malheureusement ce qui est déjà arrivé aux agriculteurs avec les OGM. On imagine un producteur bio se rendant compte qu’il ne peut plus être certifié car ses abeilles sont polluées par ses voisins…

Les apprentis sorciers

Mais le plus gros problème reste l’inconnu. Comment vont évoluer les gènes? Comment l’organisme de l’abeille va réagir? Et si le Varroa « récupère » le gène?

A cette dernière question, les « experts » de Monsanto répondent que c’est impossible. Comme ils l’ont répondu il y a quelques années à la sortie de leurs semences OGM. Malheureusement, ils se sont trompés. En 2012, les « mauvaises herbes » censée être détruite par les pesticides étaient devenues résistantes elles aussi.  Il se peut que ces plantes aient développées rapidement des résistances (argumentaire de Monsanto), mais cela parait hasardeux, puisque le Glyphosate a été utilisé sur ces plantes bien avant l’arrivée des OGM. Certains avancent l’idée d’un phénomène de transmission des gènes d’une plante à l’autre, ce que Monsanto ne veut pas entendre.

Les fameux « experts » de Monsanto sont devant la nature comme des enfants de 10 ans devant un moteur. Ils veulent y ajouter une pièce, mais il ne savent absolument pas comment ça marche. Plutôt que d’admettre que la science n’est pas assez avancée pour ne serait-ce que comprendre comment fonctionne la nature, ils jouent les apprentis sorciers au détriment des consommateurs, de l’environnement, et surtout de l’humanité entière… Comme en Alabama, ou l’amarante a infesté en 2012 80 % des champs de coton OGM et 61 % des champs de soja OGM. Le préjudice pour les agriculteurs était estimé à 82 millions de dollars (source : Le Figaro).

Sauvons-nous nous mêmes

Au delà de ces considérations, il est très clair que les apiculteurs qui collaborerons avec Monsanto en achetant leur mixture courront à leur perte. Malheureusement ils auront au passage pollués les colonies des autres, qui n’auront rien demandé. Les importations d’abeilles dans le but de produire plus de miel, nous ont amené le Varroa. Aujourd’hui le plus grand responsable des problèmes de pesticides arrivent comme le messie régler nos problèmes.

Ne tombez pas dans ce piège. N’achetez pas le Remembee, luttez contre Monsanto, ses OGM et ses pesticides, n’attendez pas de l’industrie une réponse : elle ne sait que créer les problèmes.

*Dans l’organisme L’ADN informe l’ARNm, qui va informer dans le cytoplasme la protéine à produire. Beeologics dit utiliser un ARNi, c’est à dire un acide ribonucléique interférent. Cet ARNi fabriqué par la firme est censé interférer avec un ARNm (Acide ribonucléique messager) et atténuer ou même éliminer la protéine qu’il produit. L’ADN ne devrait donc à priori ne pas être modifié. Mais le manque de recul sur ce type de techniques appelle à la précaution! [Merci à Alex pour ces précisions précieuses!]