Après deux saisons plutôt maussades, l’apiculture se porte plus mal que jamais en France. La DDTM (Direction Départementale des Territoires et de la Mer) vient de sortir un communiqué concernant le fonds d’allègement des charges 2013 pour l’apiculture, promis il y a quelques mois par le ministre. Certes, les apiculteurs ne vont pas cracher sur cette aide, qui sauvera peut être quelques exploitations, et permettra à d’autre de tenir encore un peu. Mais est-ce une solution?

Endettez-vous!

Ce communiqué donne les conditions que devront remplir les exploitations pour obtenir un allègement de leurs charges :

Pour pouvoir bénéficier de cette mesure, les exploitations apicoles doivent :

  • être spécialisées dans la production apicole à hauteur de 75 % du chiffre d’affaire (CA) de l’exploitation au cours du dernier exercice comptable clos ;
  • présenter un taux d’endettement d’au moins 25 % au regard du dernier exercice comptable clos ;
  • présenter une baisse d’au moins 25 % de l’excédent brut d’exploitation (EBE) du dernier exercice clos par rapport à la moyenne des cinq années précédentes.

Pour information, par production apicole, il est entendu les produits issus de la ruche : miel, pollen, propolis, gelée royale, cire, essaims et reines ainsi que le service de pollinisation.

Seules les exploitations avec un taux d’endettement d’au moins 25% pourront bénéficier de cette aide. Une fois encore l’autonomie face au système bancaire est pénalisée. Mais plus que les conditions, c’est la nature de l’aide qui me semble particulièrement explicite : « Cette aide consiste en une prise en charge des intérêts bancaires de l’annuité 2013 des prêts professionnels d’une durée supérieure ou égale à 24 mois, bonifiés ou non bonifiés, hormis les prêts contractés pour l’acquisition de terrains. »

En apiculture comme ailleurs, on semble ne soutenir que ceux qui s’endettent, selon le vieux modèle agricole qui en a mené tant à la faillite. Ce seront clairement les plus petites exploitations qui seront pénalisées car n’ayant pas suffisamment de dettes…

Les entreprises salissent, le contribuable paye

Parce qu’une fois de plus, c’est par la subvention qu’on feint de régler un problème. Comme si le mauvais temps était le problème de l’apiculture. Nous savons bien que non. Nous connaissons très bien les coupables, nombreux, de ces problèmes : Les produits phytosanitaires en premier lieu, la baisse de biodiversité, certaines pratiques agricole et/ou apicoles, la pollution de l’air, de l’eau…etc… Bref, l’activité humaine dans une société destructrice, qui coupe très certainement la branche sur laquelle nous sommes assis.

Car les colonies d’abeilles savent faire avec le climat. Elles sont capables de produire du miel dans des conditions difficiles, sans quoi elles auraient disparues depuis des siècles. En revanche, elle ne savent pas vivre dans un monde ou les ressources sont absentes et empoisonnées.

Nous le savons tous, les études le montrent depuis bien longtemps (voir ici), si l’apiculture va mal, c’est bel et bien à cause de la dégradation de l’environnement. Quand ça va trop loin, quand le secteur tout entier est en danger, on nous propose de donner les sous à la banque à notre place… Le contribuable fournira donc les euros qui manquent au Crédit Agricole et compagnie, et le fond du problème restera encore et toujours là, sous nos yeux, évident… Mais toujours pas réglé.

[Source : Communiqué de la DDTM]