A la visite de printemps, c’est le temps du bilan, et du point de départ de la saison. On se demande souvent comment s’occuper correctement de ses colonies pour les amener à être populeuses, en bonne santé, et si possible productives… Voici quelques techniques connues des apiculteurs afin d’aider la colonie à faire un bon démarrage de saison.

Quels besoins?

Il faut avant tout prendre en compte les besoins de la colonie. Le facteur stress est très important, la colonie a besoin de se sentir en sécurité. Pour cela, il faut que son expansion soit facile, et qu’elle ne manque de rien en nourriture. On pourrait très bien laisser faire la colonie, comme le suggèrent certains apiculteurs. Malheureusement, c’est oublier une chose essentielle : aujourd’hui, avec un environnement dégradé et qui ne répond plus nulle part aux besoins de l’abeille, toutes nos colonies sont malades.

Il y’a une quarantaine d’années, une colonie pouvait facilement survivre seule, les pesticides neurotoxiques étaient moins présents, moins concentrés, les parcelles étaient plus petites et les haies plus présentes, les pollens divers en grande quantité étaient suffisants. Ce n’est plus le cas. Si on ajoute à cela les pollutions dont on connait encore mal les conséquences du type ondes diverses (réseaux des téléphones portables…) et les gaz et autres métaux lourds divers dans l’air ambiant… Il serait étonnant que l’abeille puisse s’en sortir.

Aujourd’hui, si l’apiculteur veut que la colonie soit en bonne santé il devra surveiller et bien souvent intervenir.

Méthodes

La gestion des cires gaufrées :

L’ajout de cires se fait souvent en rive, simplement pour donner de la place à la colonie qui se développe au printemps. Il est possible d’ajouter les gaufres de manière plus stratégique.

  • Si la colonie est populeuse et le printemps clément : entre le couvain et les réserves. Cela leur donne de la place pour étendre le couvain dans des cadres neufs.
  • Si la colonie est très forte et la miellée engagée : dans le couvain. Il faudra veiller dans ce cas à ce que la population soit assez forte, la température assez haute et les ressources abondantes. Sans quoi on risque de refroidir le couvain, et c’est catastrophique pour la colonie.

Gratter le miel

Il peut arriver que la colonie manque de place pour étendre le couvain car elle est chargée de miel. Dans ce cas, vous pouvez gratter avec le lève cadre le miel operculé. Les abeilles vont nettoyer le miel, le déplacer ou le consommer, ce qui agrandira rapidement le couvain. Cette manipulation est possible sur un cadre de couvain pour agrandir la ponte, ou en rive du couvain, sur un cadre complet.

Autre effet de cette manipulation : le miel disponible stimulera la colonie.

Le nourrissement

Le sirop de stimulation est une solution pour agrandir artificiellement la colonie, lui donner un « coup de fouet ». Mais attention, dîtes-vous que le sirop ne soigne pas une colonie en mauvaise santé! Si votre reine est faible, le sirop ne réglera pas le problème.

Cette manipulation est à utiliser avec raison. Je ne nourris pas les bonnes colonies au printemps, j’utilise cette technique uniquement sur les colonies faibles dont la reine est en fin de vie, afin qu’elle puisse accueillir la nouvelle reine au remérage ou à l’introduction d’une reine d’élevage.

Vous trouverez plus d’information sur le nourrissement sur cette page : Le nourrissement.