Le 25 octobre dernier, avait lieu au palais du Luxembourg la projection du film « Tout devient silencieux », en présence de l’un des réalisateurs, d’apiculteurs et de quelques sénateurs. Après la découverte du film, est venue la discussion, durant laquelle on identifia assez rapidement la source de nos problèmes…

Un film utile

Le film, documentaire de Amandine Marty, Simon Jourdan et Corneliu Dragomirescu, donne à entendre les témoignages d’apiculteurs touchés par des pertes devenues malheureusement banales. L’ennemi est pourtant identifié, preuve à l’appui, depuis plus de 20 ans : les pesticides.

Le film ne parle que de ça. C’est à la fois sa plus grande lacune et son plus grand intérêt. Un bilan, simplement, une parole donnée à ceux dont le métier est en perdition… C’est en tant que pratique professionnelle que l’apiculture est traitée ici. Pas idéal diront certains, l’abeille étant bien plus qu’un métier, et sa disparition entrainant potentiellement bien plus de conséquences que la perte d’une activité économique. Mais idéal peut-être, pour parler à des élus, à des non initiés, à ceux qui n’ont pas entendu, jusqu’ici, malgré le discours alarmiste répété partout.

Une discussion avec les sénateurs

Pour en parler ensuite, quelques sénateurs étaient à la tribune : Marie-Christine Blandin, Corinne Bouchoux et Joël Labbé. Très rapidement, c’est le lobbying des industriels qui a été identifié selon eux (et nous autres apiculteurs) comme le principal frein à l’amélioration de la situation…

Et le bras armé de ces industriels, depuis sa création sous le régime de Vichy : la FNSEA. Principal syndicat agricole et surtout le seul qui ait droit de présence dans les institutions. On croyait pourtant la guerre terminée, et les corporations de l’époque dissoutes, il reste du ménage à faire…

Hasard de calendrier, le lendemain de cette projection, avait lieu le déjeuner annuel que la FNSEA offre généreusement aux sénateurs. Un « repas convivial » durant lequel bien entendu, on parle « entre copains » de la politique à appliquer durant l’année. Plus que du lobbying, c’est ici clairement de la corruption. Et ce n’est qu’un exemple parmi d’autres.

Ce n’est donc pas par la voie démocratique que nous pourrons faire changer cette situation. Il faudrait pour cela vivre en démocratie. Les apiculteurs et les citoyens devront sans doute en passer par des actions plus musclées pour se faire entendre… Et dénoncer comme ils le peuvent les rapports entre les gouvernants et leurs donneurs d’ordre… Pour que jamais ils ne soient tranquilles. Lorsqu’ils ne dormiront plus, ce sera à notre tour de se reposer.

A vous de jouer!

Interpeller les élus, non pas pour les influencer, puisque nous n’avons pas le fric de la FNSEA pour les corrompre, mais pour savoir où et quand ils se réunissent, et y être. Mettre en place publique cette corruption à ciel ouvert, montrer comment les bourgeois, élus et industriels, se moquent de la démocratie en faisant leur petite soupe entre eux. Les empêcher physiquement, sur le terrain, de bousiller tranquillement notre travail, notre environnement et celui de nos gamins, pour toucher le fric de nos impôts encore et encore…

Et pour diffuser cette approche, ou simplement en causer entre vous, il est possible dans un premier temps d’organiser près de chez vous une diffusion du film.

Vous pouvez contacter les réalisateurs via leur page Facebook. Faire suivre la projection d’une discussion avec apiculteurs et agriculteurs est bien entendu conseillé!