Ici, je parle souvent de ce qui ne va pas. Trop souvent sans doute. C’est que le contexte n’est pas fabuleux pour nos abeilles. Et pourtant, je côtoie bien souvent des agriculteurs qui sont bien loin de l’image du pollueur, caricature injuste et abusive que l’on voit trop souvent. On dit qu’un arbre qui tombe fait plus de bruit qu’une forêt qui pousse. J’aimerais bien aujourd’hui vous faire écouter le bruit de cette forêt, qui doucement, à force de réflexion et de travail de nombreux agriculteurs, pousse.

Agriculteur et apiculteur sont souvent dans l’imaginaire collectif des ennemis jurés. L’un avec ses colonies à l’agonie, le second polluant sans vergogne ses cultures. En réalité, agriculteurs et apiculteurs peuvent être très liés sur le terrain. C’est généralement chez l’agriculteur que les colonies de l’apiculteur résident. Et c’est un moyen privilégié pour communiquer ensemble et avancer dans le même sens!

Tout le monde connait l’agriculture « bio ». Pour nous autre apiculteurs, ce mot sonne comme un havre de paix pour les quelques colonies qui auront la chance de tomber à proximité de ce type d’exploitation. Mais la démarche est encore limitée, et même parfois clivante car certains agriculteurs y trouvent un élitisme qui les rebutent.

Les agriculteurs du réseau CIVAM (Centres d’Initiatives pour Valoriser l’Agriculture et le Milieu rural), qu’ils soient en bio ou non, peu importe, pensent leur exploitation dans une globalité. Dans cette réflexion, ils cherchent à sortir d’un modèle qui produit du mal-être, de la pollution, de la dépendance. Et mieux encore, ils donnent leurs techniques, leur résultats, leurs astuces, à tous ceux qui souhaitent faire évoluer leur façon de produire. Vous ne les verrez pas au journal télévisé, mais ces agriculteurs sont sans doute ceux qui font le plus pour que vos abeilles se portent bien!

Le bilan est très positif pour les apiculteurs :

  • Variété des cultures apportant une nourriture variée aux abeilles
  • Traitement phytosanitaires très réduits (voir inexistants dans certaines exploitations)
  • Parcelles souvent plus petites, avec présence de haies apportant une nourriture de qualité aux abeilles
  • Groupes de travail afin de connaitre les contraintes des autres, et avancer en cohésion

Et pour les agriculteurs, une qualité de vie et une autonomie de décision retrouvée… Et bien plus encore…

Pour expliquer leur démarche, et surtout les solutions concrètes qu’ils pratiquent chaque jour, ces agriculteurs des CIVAM ont mit en ligne des films très intéressants. Je vous invite à les partager au plus grand nombre!

Produire économe avec un système pâturant

Produire économe en sécurisant mon système en diversifiant mes cultures

Produire économe en cultivant des prairies multi-espèces

Produire économe en cultivant les mélanges d’espèces