C’est une innovation qui nous vient tout droit d’Argentine : la lanière d’acide oxalique. Commercialisée par la société Apicola Pampero, ses avantages sont multiples : simplicité d’utilisation, peu d’incidence sur la colonie, et le tout utilisable en apiculture biologique. Divers tests ont été réalisés en France par les ADA. L’ITSAP a compilé ces résultats et affirme que l’efficacité du traitement est comparable à celle de l’ApilifeVar, voir légèrement supérieure (Compte rendu 2016).

Le principe

Ce traitement est composé d’acide oxalique, qui se diffuse lentement dans la colonie. C’est un mode d’application simple, et qui semble très efficace en Amérique du sud (efficacité annoncée de 95  à 100%). Les chiffres en France sont un peu moins encourageants, mais restent très bon pour un traitement en apiculture biologique.

Si ce traitement n’est pas suffisant, le peu d’incidence qu’il a sur les colonies lui donne un avantage non négligeable. Avec un traitement hivernal complémentaire, il peut être intéressant pour gérer le varroa. Surtout, il est simple d’utilisation : on pose les lanières durant 42 jours, puis on les retire. Certains apiculteurs argentins utilisent ce traitement trois fois de suite sur les colonies trop infestées.

L’histoire de ce traitement est particulière : ce sont des apiculteurs qui l’ont entièrement mit au point, après avoir testé artisanalement le produit. C’est via leur groupement technique (Cooperativa Argentina Pampero), et avec une aide publique, qu’ils ont fait produire le traitement par un laboratoire ensuite. Des démarches sont en cours afin d’obtenir une AMM européenne.

Méthode artisanale

En attendant, certains apiculteurs français, séduits par le produit, ou trop impatients, reproduisent artisanalement leurs propres lanières à l’acide oxalique, en mélangeant 1 Litre de glycérine et 600g d’acide oxalique en cristaux. Le mélange se fait à chaud, à environ 60 degrés. Il leur suffit ensuite de laisser des lanières cartonnées s’imprégner du produit. Certains apiculteurs sont satisfait du résultat, cependant cette méthode artisanale comporte des risques, pour l’apiculteur qui la prépare, et pour la colonie qui le reçoit.

S’il vous venait l’envie d’essayer ce traitement, sachez que légalement, seul un traitement AMM devrait être employé. Consultez un vétérinaire si vous souhaitez vous renseigner sur la question légale.