De nombreux amateurs d’apiculture sont séduits par la ruche Kenyane, ou TBH (Top Bar Hive). Et pour cause, c’est une très bonne solution pour une apiculture extensive, peu coûteuse et simple. En revanche, les essaims sont souvent vendus en ruche Dadant. Un ami, qui m’a initié à la ruche Kenyane, a bricolé un convertisseur qui lui permet de passer facilement d’une Dadant à une Kenyane.

Il s’agit simplement d’insérer dans une ruche Dadant 10 cadres un réducteur qui fera la taille de votre Kenyane. Ainsi, les abeilles, après avoir bâti les cadres Dadant, devront obligatoirement passer en barrettes pour étendre le nid à couvain. Il suffira ensuite de passer les barrettes peuplées d’abeilles en Kenyane pour produire un essaim au bon format.

Le modèle présenté ici a été réalisé en contreplaqué fin, agrafé. C’est un bricolage simple à la porté de tous, avec peu de matériel (une scie sauteuse ou circulaire, une agrafeuse ou un marteau avec des petites pointes). Les mesures des Kenyanes sont variables, il est donc difficile de donner un plan précis avec des mesures. Mais ce bricolage n’est pas compliqué, et en prenant les cotes de votre propre ruche, il vous sera très simple de trouver le bon format.

Peu de recommandations à respecter donc, mais tout de même quelques conseils :

  • L’angle des côtés soit être de 120°, comme dans les Kenyanes
  • Laisser un espace suffisant entre le dernier cadre Dadant et le début du convertisseur, pour que les abeilles puissent passer. Un centimètre minimum
  • Laisser un volume un peu plus étroit que dans votre Kenyane, pour être certain de transvaser les barrettes sans difficultés
  • Les barrettes ne doivent pas être trop hautes pour ne pas gêner la fermeture de la Dadant

L’avantage de cette méthode est sa douceur pour les abeilles : on transvase tout simplement  les cinq barrettes construites et pondues dans notre kenyane, puis on déplacera notre Dadant en prenant soin d’y laisser la reine. On peut également prendre la reine et déplacer la Dadant à plus de trois kilomètres, ou encore déplacer la kenyane, mais c’est plus difficile compte tenu de l’encombrement de ce type de ruche! Théoriquement, il y aura du couvain jeune au moins sur une barrette, et au moins sur un cadre Dadant, mais prenez soin de vérifier, vous mettrez si besoin la reine là ou le couvain jeune est inexistant.

Une fois un premier essaim prélevé, on peut remettre des barrettes vides et en produire un second… et ainsi de suite tant que la saison le permet!

Il existe un inconvénient à cette méthode : si vous votre colonie Dadant est sur cires gaufrées, elle risque de construire la ou les premières barrettes uniquement en couvain mâle. En effet, la cire gaufrée contraignant les cirières à ne produire que de l’ouvrière, lorsqu’elle a subitement le choix, la colonie produit les mâles dont elle a besoin en grande quantité. Pour palier à ce problème, laissez un cadre Dadant avec une amorce ou à jambage, avant d’insérer le convertisseur. Les mâles seront déjà produits sur le cadre Dadant, plus de soucis de ce côté. Vous pouvez également laisser la colonie operculer la barrette de mâles, pour ensuite détruire le couvain, afin de réduire la pression varroa (qui se reproduit principalement dans le couvain mâle), mais vous retarderez dans ce cas le moment de créer votre essaim.

Les autres solutions

Deux autres solutions existent à ma connaissance. La première consiste à prendre la reine de la colonie, un gros paquet d’abeilles avec elle, et de mettre cet essaim nu (sans cadres) dans la Kenyane. Il faudra nourrir en quantité le temps que la colonie puisse bâtir et s’installer.

La seconde est de retailler les cadres Dadants et de les visser aux barrettes de Kenyane. C’est une méthode définitive, mais violente pour la colonie. On voit une démonstration sur cette vidéo du Rucher Pentu (très bonne ressource sur la Kenyane)


[Merci à Nicolas Ziberlin pour la réalisation de ce prototype de convertisseur, les photos publiées ici, et ses conseils avisés. Merci au Rucher Pentu pour la réalisation de la vidéo]


Cet article a été rédigé originellement pour la revue « Abeilles et Cie », du CARI (Apiculture wallonne et bruxelloise).

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