Depuis longtemps certains syndicats apicoles sont sur le front de la traçabilité des miels. En effet, on voit chaque semaine un article ou un reportage qui met en avant les pratiques frauduleuses de la part d’apiculteurs peu respectueux de l’éthique, ou d’opérateurs qui fournissent les grandes surfaces en quantité… L’un des gros problèmes pour le consommateur : l’étiquetage du miel, dont les règles sont d’un laxisme inégalé!

Aujourd’hui, vous pouvez mélanger des miels de toute l’Europe, en marquant sur l’étiquette « origine UE », c’est légal. Mieux encore, en mélangeant des miels d’origines diverses, on peut simplement indiquer : « Origine UE et non-UE »… Autrement dit, ce miel est issu de la planète terre! La belle précision que voilà! Les industriels peuvent dés lors vous vendre à peu près n’importe quoi, puisque la loi ne leur impose rien ou pas grand chose. Je ne peux que vous déconseiller d’acheter ce type de produits…

Les syndicats sont sur ce front depuis quelques années, et il semble qu’une première étape puisse être franchie pour améliorer la situation. André Chassaigne et d’autres députés, après entrevue avec certains syndicats, ont décidé de proposer une loi allant dans le sens de plus de traçabilité.

La proposition est simple :

« À compter du 1er janvier 2019, l’indication de chaque pays d’origine est obligatoire pour tous les miels originaires de plus d’un État membre ou de plus d’un pays tiers. Les conditions d’application du présent alinéa sont précisées par décret. »

Simple, et on s’étonne d’ailleurs que personne n’y ait pensé avant…

Cette proposition de loi comporte un second volet, qui compte donner les moyens de faire appliquer cette loi à la répression des fraudes :

« Avant le 1er janvier 2019, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur la mise en oeuvre de la présente loi et ses incidences pour la filière française de production de miel. Ce rapport précise également les nouveaux moyens nécessaires au renforcement des contrôles alimentaires, sanitaires et de la répression des fraudes, ainsi qu’au respect de cette obligation par l’ensemble des opérateurs concernés. »

Nous ne savons pas encore quand cette loi sera votée. En attendant, si vous souhaitez que votre député la vote, envoyez lui un message dans ce sens... Vous trouverez vos députés et leur adresse mail sur le site de l’assemblée.

Vous pouvez également demander à votre syndicat, votre rucher école, votre ADA, ou tout autre acteur de la filière amateur ou professionnel, et même simple consommateur, de faire cette démarche. Plus nombreuses seront les sollicitations, plus nous aurons de chances de faire passer cette loi.

Vous trouverez la proposition de loi dans son entier sur cette page.