Ils fleurissent sur les réseaux sociaux : les appels à « sauver les abeilles »… Appels aux dons, parrainages de ruches, financements participatifs divers… Mais tout ça sauve t il vraiment « les abeilles »? Ou n’est-ce pas plutôt du commerce pur et simple?

Un apiculteur, qu’est-ce que c’est?

C’est un individu, qui s’occupe d’un certain nombre du ruches, et dont il tire une production : miel, essaims, pollen, etc… Il n’a pas besoin de vos parrainages et autres financements. S’il travaille correctement, il tirera de quoi vivre de sa production. C’est tout simplement le gérant d’une exploitation agricole comme n’importe quel éleveur. Vous viendrait-il à l’idée de parrainer une vache sur le toit d’un centre commercial? Alors pourquoi une ruche?

On vous dira qu’il faut un investissement pour se lancer. Ce n’est pas obligatoire. L’apiculture peut commencer tout doucement, avec quelques planches pour fabriquer deux ruches, et un essaim piégé ou ramassé. Et même en achetant une colonie, 500€ sont amplement suffisants. La petite récolte de miel pourra être réinvestie et ainsi de suite jusqu’à atteindre le nombre de ruches permettant d’en tirer un revenu. On arrivera donc à produire grâce à la patience et l’expérience, et non plus grâce à l’argent investi artificiellement.

Raymond Zimmer « L’abeille Buckfast en question », 1999 (image via @BigrEdu45)

Le commerce des idées

Nous sommes tous sensibles au devenir de notre environnement, et particulièrement à l’abeille domestique qui est devenue malgré elle le symbole de l’écroulement de la biodiversité. Les parrainages aident certains apiculteurs à installer de nouvelles colonies d’abeilles, en échange d’un prix plus cher que pour le miel récolté habituellement par l’apiculteur, et éventuellement d’une visite de « votre ruche ». Certains apiculteurs mettent en place ce type de services, mais certaines entreprises en font même une spécialité et ne vivent que de cette activité. On ne compte plus les grosses entreprises ultra polluantes et socialement irresponsables qui s’achètent une image « verte » avec quelques deniers bien dépensés (ruches sur le toit de l’entreprise, fondations diverses…). Leurs pratiques, elles, ne changent pas vraiment.

Le parrainage est discutable, mais il reste au moins dans le cadre de l’apiculture. Il y a bien pire : de plus en plus d’entreprises se servent de cette corde sensible pour vous soutirer de l’argent et vous donner bonne conscience. Bien que la biodiversité ne s’achète pas, et que l’argent soit bien plus un problème qu’une solution concernant l’état de notre environnement.

Une belle arnaque découverte par Léandre et publiée sur son compte Twitter @gOAdee

Certains sites sans mentions légales, avec un logo illégalement copié chez une entreprise apicole, vendent sous couvert de « sauver les abeilles » des objets divers et variés avec une marge incroyable… Fuyez ces arnaques, on ne sauve pas les abeilles en consommant des produits importés vendus sans doute illégalement sur le territoire français!

Alors, comment sauver les abeilles?

Il y a bien entendu des choses à faire pour « sauver les abeilles ». Voici quelques pistes de réflexion pour un réel sauvetage de la biodiversité :

  • Multiplier les espaces fleuris, moins tondre la pelouse, couvrir le jardin avec des couverts végétaux… Dans les espace publics et privés.
  • Favoriser les productions locales, avec le moins d’impacts sur l’environnement (autant pour l’élevage que pour les cultures)
  • Acheter du miel au producteur local, ou dont vous connaissez la provenance (Léandre par exemple vend par correspondance en vente directe : www.unesaisonauxabeilles.com)
  • Investir du temps dans les associations qui œuvrent chez vous pour une évolution des pratiques et une prise en main de ces questions par les citoyens. Si elles n’existent pas : vous pouvez la créer!
  • Penser à votre impact sur l’environnement et les pollinisateurs : logement, transport, mode de consommation, travail, loisirs… Tout cela impacte l’état de l’environnement, et donc la santé des abeilles, et de tous les insectes!

D’une manière générale, moins vous consommez, plus vous favorisez un environnement sain. Semer votre argent « pour les abeilles » est donc contre productif, c’est d’implication et de temps qu’il faut pour cela… C’est plus compliqué, mais plus efficace!